Ménopause / andropause : une nouvelle étape de vie.
- daphnepicq
- Oct 9
- 5 min read
Updated: Oct 15

La ménopause est un sujet de plus en plus présent dans les conversations et c’est tant mieux. Au-delà des tendances, il s’agit d’une réalité universelle et intime qui a longtemps été tue. C’est une étape importante et inévitable de la vie d’une femme au même titre que les règles à la puberté. En tant que femme nous pouvons, la plupart du temps, choisir une grossesse, mais ni l’arrivée des règles, ni leur arrêt. Cela peut sembler injuste mais c’est aussi une opportunité.
Dans ma pratique de kinésiologue, j'ai reçu des femmes en phases de préménopause ou de ménopause et j'ai constaté que circulaient des idées déstabilisantes et negatives qui engendre un décentrage et une perte de pouvoir.
Ces idées reçues sont notamment :
vieillesse,
perte de féminité,
inutilité,
arrêt du cycle.
Dans l’inconscient collectif la ménopause est injustement associée à ces termes.
Or, bien qu'elle marque la fin d’un temps, elle ouvre aussi la porte au renouveau, à une nouvelle étape de vie. C’est ce que je voudrais vous démontrer ici et c'est ce que je fais lors de mes consultations en travaillant sur nos croyances et nos attitudes plus ou moins toxiques.
La ménopause, qu’est-ce que c’est ?
Sur le plan physique, la ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles pendant plus de 12 mois consécutifs. Elle survient en moyenne entre 48 et 52 ans. La péri ménopause, quant à elle, peut commencer dès 35 ans, avec des cycles irréguliers et divers symptômes. Qui sont :
Règles irrégulières
Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes
Changements d’humeur (émotivité, irritabilité)
Troubles du sommeil
Sécheresse vaginale
Ralentissement de la thyroïde
Fatigue accrue
Prise de poids et changements corporels
Perte de cheveux
Troubles de la concentration et de la mémoire
Douleurs articulaires et musculaires
Epaule gelée
Autant de manifestations qui peuvent peser sur le quotidien et donner l’impression d’« être dépassée ».
Pas de panique, des solutions existent pour mieux vivre cette étape.
En voici quelques unes :
Adapter son hygiène de vie : limiter alcool et excès de glucides, privilégier une alimentation équilibrée…
Bouger régulièrement : activité physique adaptée pour entretenir la vitalité.
Thérapies hormonales (si nécessaire et sous suivi médical).
Pratiques de relaxation : méditation, respiration, yoga.
Travail psychologique et émotionnel
Il est essentiel de travailler sur l’image de soi. Ce passage peut devenir une opportunité pour se réapproprier son corps et renforcer son estime personnelle.
A noter aussi que nos douleurs physiques peuvent être liées à nos blocages émotionnels et inversement (cf article : Quatre plans d’exploration). Par exemple, le fait de se sentir inutile, peut engendrer une fatigue accrue ou des changements d'humeur ou une douleur physique... une douleur physique peut amener à se sentir inutile...
La ménopause c’est une expérience universelle et unique à la fois
Comme je l’ai évoqué en introduction toutes les femmes vivent cette étape, à un âge plus ou moins avancé. Donc chaque femme traverse la ménopause. Il est important de prendre conscience que nous ne sommes pas seules. Nous faisons partie d’un groupe, les femmes.
Mais chaque vécu est unique. L’expérience dépend autant de la physiologie individuelle que du contexte social et de l’histoire personnelle.
Les symptômes sont globalement les mêmes pour tout le monde, mais le ressenti varie : certaines se sentent libérées, d’autres plus vulnérables. Accepter cette vulnérabilité permet justement de travailler sur ses peurs (vieillissement, abandon, rejet…) et de développer une estime de soi plus solide.
Comment lier estime de soi et bien-être ?
Il faut apprendre à s’aimer, et s’aimer passe par :
se respecter (et évidemment respecter les autres),
savoir poser ses limites,
oser dire non,
se reconnecter à ses besoins profonds.
Ces compétences sont valables à tout âge, mais elles prennent une autre dimension au moment de la ménopause. Oser se respecter, dire non… demande souvent la déconstruction de croyances héritées ou fabriquées, l’abandon de modes de fonctionnement toxiques et l’acceptation de certaines réalités. Ce travail est parfois difficile à faire seule, d’où l’importance de s’autoriser à être accompagnée.
La ménopause c’est le cycle qui s’adapte
Rappelons que si les menstruations cessent, le cycle féminin, lui, continue :
La femme reste connectée à la lune et à ses propres rythmes intérieurs.
Les quatre phases physiques du cycle (menstruelle, folliculaire, ovulatoire, lutéale) gardent une existence, symbolique (hiver, printemps, été, automne), énergétique et archétypale (guérisseuse, jeune fille, guerrière/femme fatale, mère), même après la ménopause.*
Ainsi, une femme ménopausée demeure dans le mouvement cyclique qui l’accompagne tout au long de sa vie.
La ménopause est une étape de puissance et de sagesse
Elle peut être vécue comme une perte, ou comme une transformation positive : le passage de l’énergie tournée vers la fécondité biologique à une énergie tournée vers la création, la transmission et la sagesse.
C’est le moment de :
cultiver son désir (notamment sexuel),
nourrir sa créativité,
approfondir sa relation à soi et aux autres.
La ménopause n’est pas la fin de la féminité mais une étape de réinvention de soi. C’est un passage vers plus de liberté, de conscience et de puissance intérieure.
Et quid des hommes ?
Comme je l’écrivais plus haut nous ne sommes pas seules et nous le sommes d’autant moins que les hommes vivent aussi une transition qu’on appelle andropause.
L’andropause correspond à une diminution progressive de la production de testostérone chez l’homme, généralement à partir de 45-50 ans. Contrairement à la ménopause féminine, elle ne se traduit pas par un arrêt brutal de la fertilité ou du cycle biologique. Elle est plus lente, diffuse et variable selon les individus.
Les principaux symptômes de l’andropause sont assez proches mais moins nombreux et souvent plus atténués que ceux de la ménopause.
Les hommes vivent une crise identitaire et existentielle, parfois, plus marquée. Elle se manifeste, souvent, par une peur vieillir avec recherche de jeunesse, mais aussi un sentiment de perte de virilité et une remise en question du rôle social ou professionnel.
Les solutions pour gérer aux mieux cette étape et les différents symptômes sont les mêmes que pour les femmes (estime de soi, activité physique adaptée, alimentation et hygiène de vie, etc.).
Les hommes que j'ai reçu au moment de l'andropause parlent de perte de repères sans mettre de nom dessus.
Andropause et ménopause : un miroir différent
Là où la ménopause est une transition marquée et universelle ; l’andropause est plus discrète, progressive et inégale : certains hommes ressentent des symptômes importants, d’autres presque pas. Mais dans les deux cas, il s’agit d’un passage de vie qui interroge notre rapport au corps, à l’âge, à la sexualité, à l’identité et à la mort.
Ai-je réussi à faire évoluer votre perception de la ménopause et de l’andropause ?
N’oublions pas que notre façon de voir les évènements que la vie nous offre est la source de notre bonheur… Bonne réflexion.
*Lune rouge - Les forces du cycle féminin - Gray, Miranda





Comments